6 personnes témoignent de la violence des forces de l’ordre à Paris, où des coups de taser ont été donnés.
« On était dans un bar, c’est ça qui était choquant : le fait d’avoir l’impression d’être dans un endroit sécurisé et d’être confronté à un tel déferlement de violence. »
Le 10 septembre, au soir du mouvement « Bloquons tout », des policiers ont débarqué dans l’enseigne « Chez Papa » (chaîne de cuisine du Sud-Ouest) dans le 19e arrondissement de Paris, et ont frappé de nombreuses personnes.
Des agents ont mis des coups de matraque, plusieurs coups de pied et de genoux sur une personne au sol, d’autres se sont fait violemment repousser… Un des policiers a même utilise un taser à plusieurs reprises sur un homme, déjà à terre, encerclé par plusieurs agents.
Contactée, la préfecture de police confirme l’usage du taser « à plusieurs reprises en mode contact » pour un homme « particulièrement virulent », selon la police.
« On était tous choqués, j’étais tremblant en rentrant chez moi », dit Maxime.
« Il y avait des gens debout près du bar qui chantaient face à eux : “Tout le monde déteste la police“ », raconte Maxime, au moment où les membres de la brav passaient devant le restaurant
Quand les forces de l’ordre descendent de leurs motos, le groupe entre se réfugier dans le restaurant. Très vite, les agents de la Brav-M se ruent à l’intérieur.
Un policier attrape une femme par le cou, la serre, puis en la relâchant, en lui lançant : « Ta gueule, sale pute. »
« C’était en mode Gestapo, ça frappait à gauche et à droite des gens, aléatoirement », s’insurge Jules.
Un homme, qui était déjà dans le bar depuis un moment, a été mis à terre et tasé à plusieurs reprises.
Des femmes ont demandé, à plusieurs reprises, aux policiers « d’arrêter ».
Alors que l’une d’entre elles lance « Vous allez le tuer », les agents de la Brav-M continuent à utiliser le taser.
Sur la vidéo, l’homme crie : « Qu’est-ce que j’ai fait ? », avant de se faire embarquer.
Anthelme a filmé l’intervention et déclare avoir vu une femme se faire matraquer :
« C’était une vague de panique, de chaos et de confusion, les gens ne comprenaient pas ce qui se passait. »
« On s’est tous dit : on vient nous violenter pour notre idéologie politique et parce qu’ils ont le droit de le faire en toute impunité », dit Laura.
Son ami Anthelme, qui a l’habitude de manifester, ajoute : « Il n’y avait absolument aucune justification apparente pour une telle intervention. Ça paraissait disproportionné. »
La violence des forces de l’ordre à Paris
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La violence des forces de l’ordre à Paris
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Re: La violence des forces de l’ordre à Paris
Après 7 ans de combat acharné : victoire majeure ! Le policier qui a éborgné notre camarade Jérôme Rodrigues en 2019 ira bien en cour criminelle !
Recours rejeté la semaine dernière, charges confirmées pour violences ayant entraîné infirmité permanente (crime : 15 ans max).
Les juges confirment : Jérôme n'était pas violent, les vidéos et témoignages sont solides. Plus de légitime défense possible.
La justice avance enfin, malgré les lenteurs insupportables. Pensée très forte à tous les mutilés des Gilets jaunes et d’ailleurs, qui méritent aussi justice et réparation.
Mais que les donneurs d’ordre, la chaîne de commandement et la politique de maintien de l’ordre de l’époque soient également jugés !
https://www.liberation.fr/societe/polic ... EGALIJF5Y/
Recours rejeté la semaine dernière, charges confirmées pour violences ayant entraîné infirmité permanente (crime : 15 ans max).
Les juges confirment : Jérôme n'était pas violent, les vidéos et témoignages sont solides. Plus de légitime défense possible.
La justice avance enfin, malgré les lenteurs insupportables. Pensée très forte à tous les mutilés des Gilets jaunes et d’ailleurs, qui méritent aussi justice et réparation.
Mais que les donneurs d’ordre, la chaîne de commandement et la politique de maintien de l’ordre de l’époque soient également jugés !
https://www.liberation.fr/societe/polic ... EGALIJF5Y/
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Re: La violence des forces de l’ordre à Paris
La question des violences policières en France a pris une ampleur médiatique et politique sans précédent au cours des cinq dernières années (2021-2026). Ce sujet cristallise les tensions entre la volonté de maintenir l'ordre républicain et la protection des libertés fondamentales.
Ces dernières années ont été marquées par des événements qui ont durablement choqué l'opinion publique et entraîné des remises en question de la part d'organisations internationales (ONU, Conseil de l'Europe).
La mort de Nahel (Juin 2023) : C'est sans doute le point de bascule le plus marquant. Lors d'un contrôle routier à Nanterre, un adolescent de 17 ans est tué par le tir d'un policier. La vidéo de la scène contredit la première version policière (légitime défense), déclenchant plusieurs nuits d'émeutes urbaines dans toute la France. Ce drame a relancé le débat sur l'usage des armes à feu lors de refus d'obtempérer (loi de 2017).
L'évacuation du Teknival de Redon (2021) : Une intervention violente pour disperser une fête clandestine a conduit à de graves blessures, notamment un jeune homme ayant eu la main arrachée. Amnesty International a qualifié cet usage de la force comme "ni nécessaire, ni proportionné".
Les émeutes de Marseille (Juillet 2023) : En marge des émeutes après la mort de Nahel, plusieurs affaires ont éclaté. La mort de Mohamed Bendriss (touché par un tir de projectile de type LBD) et le passage à tabac de Hedi, un jeune homme laissé défiguré après un tir de LBD et des coups de policiers, ont mené à des mises en examen de membres d'unités d'élite (BAC et RAID).
La doctrine française du maintien de l'ordre a été vivement critiquée lors des deux grands mouvements sociaux de cette période :
Réforme des Retraites (2023) : Durant les manifestations, l'utilisation de la force par des unités comme la BRAV-M (brigades motorisées) a été pointée du doigt. Des témoignages et des enregistrements audio ont révélé des intimidations et des violences physiques gratuites.
Sainte-Soline (Mars 2023) : La manifestation contre les "mégabassines" a tourné à l'affrontement militaire. L'utilisation massive de grenades (plus de 4 000 en quelques heures) a causé des blessures extrêmement graves chez les manifestants (plusieurs pronostics vitaux engagés).
Les rapports annuels de l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) montrent une hausse ou une stagnation des signalements :
En 2021, on recensait environ 6 000 signalements sur la plateforme de l'IGPN, dont près de la moitié pour des violences.
Le nombre de décès liés à des interventions policières oscille chaque année entre 30 et 40 personnes, incluant les refus d'obtempérer et les interventions à domicile.
Au-delà des faits divers, trois problématiques reviennent systématiquement :
Le RIO (Référentiel des Identités et de l'Organisation) : Malgré l'obligation légale, le non-port du matricule d'identification par les policiers reste une pratique courante, rendant difficile l'identification des auteurs de violences.
L'armement : La France est l'un des rares pays européens à utiliser encore massivement le LBD-40 et des grenades de désencerclement en manifestation, des armes jugées "mutilantes" par de nombreux observateurs.
L'indépendance des enquêtes : La question d'un organe de contrôle indépendant (au lieu de l'IGPN, composée de policiers) est au cœur des recommandations d'Amnesty International et du Défenseur des Droits pour lutter contre un sentiment d'impunité.
Les cinq dernières années montrent une police française sous haute tension, entre une demande de sécurité croissante et une crise de confiance avec une partie de la population (notamment dans les quartiers populaires et chez les militants). Si les autorités soulignent la violence croissante subie par les policiers eux-mêmes, les critiques internationales pointent une dérive vers un maintien de l'ordre coercitif plutôt que fondé sur la désescalade.
Ces dernières années ont été marquées par des événements qui ont durablement choqué l'opinion publique et entraîné des remises en question de la part d'organisations internationales (ONU, Conseil de l'Europe).
La mort de Nahel (Juin 2023) : C'est sans doute le point de bascule le plus marquant. Lors d'un contrôle routier à Nanterre, un adolescent de 17 ans est tué par le tir d'un policier. La vidéo de la scène contredit la première version policière (légitime défense), déclenchant plusieurs nuits d'émeutes urbaines dans toute la France. Ce drame a relancé le débat sur l'usage des armes à feu lors de refus d'obtempérer (loi de 2017).
L'évacuation du Teknival de Redon (2021) : Une intervention violente pour disperser une fête clandestine a conduit à de graves blessures, notamment un jeune homme ayant eu la main arrachée. Amnesty International a qualifié cet usage de la force comme "ni nécessaire, ni proportionné".
Les émeutes de Marseille (Juillet 2023) : En marge des émeutes après la mort de Nahel, plusieurs affaires ont éclaté. La mort de Mohamed Bendriss (touché par un tir de projectile de type LBD) et le passage à tabac de Hedi, un jeune homme laissé défiguré après un tir de LBD et des coups de policiers, ont mené à des mises en examen de membres d'unités d'élite (BAC et RAID).
La doctrine française du maintien de l'ordre a été vivement critiquée lors des deux grands mouvements sociaux de cette période :
Réforme des Retraites (2023) : Durant les manifestations, l'utilisation de la force par des unités comme la BRAV-M (brigades motorisées) a été pointée du doigt. Des témoignages et des enregistrements audio ont révélé des intimidations et des violences physiques gratuites.
Sainte-Soline (Mars 2023) : La manifestation contre les "mégabassines" a tourné à l'affrontement militaire. L'utilisation massive de grenades (plus de 4 000 en quelques heures) a causé des blessures extrêmement graves chez les manifestants (plusieurs pronostics vitaux engagés).
Les rapports annuels de l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) montrent une hausse ou une stagnation des signalements :
En 2021, on recensait environ 6 000 signalements sur la plateforme de l'IGPN, dont près de la moitié pour des violences.
Le nombre de décès liés à des interventions policières oscille chaque année entre 30 et 40 personnes, incluant les refus d'obtempérer et les interventions à domicile.
Au-delà des faits divers, trois problématiques reviennent systématiquement :
Le RIO (Référentiel des Identités et de l'Organisation) : Malgré l'obligation légale, le non-port du matricule d'identification par les policiers reste une pratique courante, rendant difficile l'identification des auteurs de violences.
L'armement : La France est l'un des rares pays européens à utiliser encore massivement le LBD-40 et des grenades de désencerclement en manifestation, des armes jugées "mutilantes" par de nombreux observateurs.
L'indépendance des enquêtes : La question d'un organe de contrôle indépendant (au lieu de l'IGPN, composée de policiers) est au cœur des recommandations d'Amnesty International et du Défenseur des Droits pour lutter contre un sentiment d'impunité.
Les cinq dernières années montrent une police française sous haute tension, entre une demande de sécurité croissante et une crise de confiance avec une partie de la population (notamment dans les quartiers populaires et chez les militants). Si les autorités soulignent la violence croissante subie par les policiers eux-mêmes, les critiques internationales pointent une dérive vers un maintien de l'ordre coercitif plutôt que fondé sur la désescalade.