Gilles Lellouche au Festival de Cannes, a esquivé une question d'un journaliste sur la montée du RN, avec cette phrase: « Elle n’est pas un peu orientée votre question ? Je n’ai pas de réponse à ça, Monsieur ».
Ah bon !
Comme si parler de Jean Moulin sans parler politique, c’était pas possible. Comme si un homme arrêté, torturé, broyé pour avoir refusé le fascisme, c’était juste une rubrique patrimoine entre le cassoulet et les vieilles pierres. Le pauvre Moulin doit se retourner dans son urne.
Parce qu’il faut quand même rappeler un détail. Un minuscule détail.
La Résistance, ce n’était pas un club de randonnée en Lozère. C’était de la politique. Violente, dangereuse, clandestine. Des types et des femmes qui risquaient leur peau contre des fascistes et leurs collaborateurs. Pas pour gagner des César. Pour empêcher la France de devenir définitivement une succursale brune.
Alors entendre aujourd’hui : « je ne fais pas de politique » au moment où l’extrême droite grimpe partout en repeignant son pedigree au Kärcher médiatique… ça fait un peu léger. Le genre de phrase prudente qui sent la peur d’abîmer son plan de carrière ou ses entrées en soirée partenaire.
Il a esquivé la question sans courage à mon goût. Le silence de Jean Moulin face à la gestapo était politique contre le nazisme.
Celui de Lellouche, un peu coupable, pour le moins petit bras. Quand on incarne Jean Moulin, on évite peut-être de jouer les touristes de l’Histoire.
Lellouche sans cou... à Cannes
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- Phil Traère
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Re: Lellouche sans cou... à Cannes
Le Conformiste
Gilles Lellouche qui incarne Jean Moulin a le même chapeau que Jean-Louis Trintignant qui incarnait un fasciste italien sous Mussolini dans Le Conformiste.
Jouer Jean Moulin et ne pas vouloir "faire de politique", ce n'est pas seulement l'opportunisme habituel des stars qui ont peur de s'aliéner une partie du public, même si on a des doutes sur le nombre d'électeurs d'extrême droite qui se précipiteront dans les salles pour voir le biopic d'une figure emblématique de la Résistance.
C'est aussi une forme de schizophrénie qui aurait plu à Debord. L'important n'est plus Jean Moulin, et ce que sa figure pourrait avoir d'actuel dans le contexte de disneyland préfasciste qui règne en France en ce moment. L'important, c'est l'image de Jean Moulin, comme sur un timbre.
Une image qui se suffirait à elle-même, sans conséquences pratiques, sans les questions qui vont avec.
Que signifie résister ?
Que signifie dire non ?
Que signifie prendre des risques et mourir pour une idée, une cause, une conception du monde ?
Bref, si on porte le chapeau d'un fasciste, à défaut d'être un militant antifasciste, on évite de parler comme dans Le conformiste.
On fait des "buddy movies" bien de chez nous. Comme ça, on participera plus efficacement à occuper le temps de cerveau disponible du spectateur et on évitera les questions qui fâchent les fascistes.
Ceux qui arrivent, ici et maintenant.
Gilles Lellouche qui incarne Jean Moulin a le même chapeau que Jean-Louis Trintignant qui incarnait un fasciste italien sous Mussolini dans Le Conformiste.
Jouer Jean Moulin et ne pas vouloir "faire de politique", ce n'est pas seulement l'opportunisme habituel des stars qui ont peur de s'aliéner une partie du public, même si on a des doutes sur le nombre d'électeurs d'extrême droite qui se précipiteront dans les salles pour voir le biopic d'une figure emblématique de la Résistance.
C'est aussi une forme de schizophrénie qui aurait plu à Debord. L'important n'est plus Jean Moulin, et ce que sa figure pourrait avoir d'actuel dans le contexte de disneyland préfasciste qui règne en France en ce moment. L'important, c'est l'image de Jean Moulin, comme sur un timbre.
Une image qui se suffirait à elle-même, sans conséquences pratiques, sans les questions qui vont avec.
Que signifie résister ?
Que signifie dire non ?
Que signifie prendre des risques et mourir pour une idée, une cause, une conception du monde ?
Bref, si on porte le chapeau d'un fasciste, à défaut d'être un militant antifasciste, on évite de parler comme dans Le conformiste.
On fait des "buddy movies" bien de chez nous. Comme ça, on participera plus efficacement à occuper le temps de cerveau disponible du spectateur et on évitera les questions qui fâchent les fascistes.
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- defre
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Re: Lellouche sans cou... à Cannes
Refusons les tribunaux politiques et la haine en ligne
Il est temps de remettre un peu de décence et de vérité dans le débat. Attaquer Gilles Lellouche parce qu'il a refusé de céder à une provocation politique lors du Festival de Cannes est une dérive inquiétante. Mais voir le déferlement de haine qui a suivi dans les espaces commentaires de nombreuses publications est tout simplement révoltant.
Lors de la conférence de presse pour le film Moulin, un journaliste d'un média militant a posé une question grossièrement orientée, tentant de sommer l'équipe de distribuer les bons et les mauvais points politiques. En refusant de prêter allégeance et en opposant la réponse d'un homme libre, Gilles Lellouche a simplement refusé d'être instrumentalisé.
Malheureusement, la suite s'est jouée sur les réseaux sociaux, où la bêtise a laissé place à la complaisance la plus crasse : sous couvert de débat politique, on a vu fleurir dans les commentaires des attaques personnelles d'une lâcheté absolue, allant jusqu'à des relents antisémites révoltants qu'il faut condamner avec la plus grande fermeté.
Une lutte constante contre TOUS les extrêmes : Gilles Lellouche n'a jamais eu de complaisance envers les radicalités. S'il s'exprime rarement sur la politique, il a toujours été clair : l'extrême droite et l'extrême gauche n'ont jamais eu ses faveurs, et il les a toujours renvoyées dos à dos. Refuser de hurler avec les loups d'un camp ne fait pas de vous le complice de l'autre.
Respecter la mémoire, refuser la récupération : Incarner le grand résistant Jean Moulin est un acte de mémoire fort. Prétendre que ne pas céder à une injonction militante serait une "trahison" est d'une malhonnêteté intellectuelle totale.
Gilles Lellouche a opposé le bon sens à un piège idéologique. Que certains profitent de l'anonymat des réseaux pour déverser leur haine et leurs obsessions les plus sombres est intolérable.
Il est temps de remettre un peu de décence et de vérité dans le débat. Attaquer Gilles Lellouche parce qu'il a refusé de céder à une provocation politique lors du Festival de Cannes est une dérive inquiétante. Mais voir le déferlement de haine qui a suivi dans les espaces commentaires de nombreuses publications est tout simplement révoltant.
Lors de la conférence de presse pour le film Moulin, un journaliste d'un média militant a posé une question grossièrement orientée, tentant de sommer l'équipe de distribuer les bons et les mauvais points politiques. En refusant de prêter allégeance et en opposant la réponse d'un homme libre, Gilles Lellouche a simplement refusé d'être instrumentalisé.
Malheureusement, la suite s'est jouée sur les réseaux sociaux, où la bêtise a laissé place à la complaisance la plus crasse : sous couvert de débat politique, on a vu fleurir dans les commentaires des attaques personnelles d'une lâcheté absolue, allant jusqu'à des relents antisémites révoltants qu'il faut condamner avec la plus grande fermeté.
Une lutte constante contre TOUS les extrêmes : Gilles Lellouche n'a jamais eu de complaisance envers les radicalités. S'il s'exprime rarement sur la politique, il a toujours été clair : l'extrême droite et l'extrême gauche n'ont jamais eu ses faveurs, et il les a toujours renvoyées dos à dos. Refuser de hurler avec les loups d'un camp ne fait pas de vous le complice de l'autre.
Respecter la mémoire, refuser la récupération : Incarner le grand résistant Jean Moulin est un acte de mémoire fort. Prétendre que ne pas céder à une injonction militante serait une "trahison" est d'une malhonnêteté intellectuelle totale.
Gilles Lellouche a opposé le bon sens à un piège idéologique. Que certains profitent de l'anonymat des réseaux pour déverser leur haine et leurs obsessions les plus sombres est intolérable.
Vieillir c'est quand on dit « Tu » à tout le monde et que tout le monde vous dit « Vous ».
Marcel Pagnol
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