Re: USA - Trump - Carnage
Posté : 29 janv. 2026, 18:07
Peut-être que les moins de 30 ans ne savent même plus ce qu’est la « rafle du Vel d’hiv ». Peut-être que dans vingt ans ce sera tout le contraire. Pour expliquer aux écoliers ce que fut la « Rafle du Vel d’Hiv », on dira aux enfants : « Vous vous souvenez des rafles de Trump et de celles de Bardella organisées par son ministre de l’immigration, Klarsfeld, avant qu’ils ne soient jugés par coutumace et se réfugient à Moscou ? Oui ? Vos parents vous en ont parlé ? Eh bien, il y a eu au XXe siècle une rafle pareille, de juifs, vers un bâtiment qui servait de vélodrome, l’hiver, et qui a disparu. »
Pour ma génération, ce souvenir glaçant du mot « rafle » était automatique. Il faisait partie de « l’horizon des souvenirs », alors que, nés juste après la guerre, on ne l’avait pas vécu. Parce que nos parents nous en parlaient, parce qu’on en a fait un film, « Monsieur Klein ». La voisine juive venue demander conseil à ma mère (elle était sa prof d’allemand) a suivi son conseil et s’est planquée : je l’ai connue ! La voisine de mon père lui a confié son enfant avec mission de le confier à un ami étranger. Mon père m’a raconté avoir traversé Paris avec le gosse, puis être allé au Vel d’Hiv pour prévenir sa mère (par haut-parleur, comme dans le film « Monsieur Klein ») : Mission accomplie. La maman a disparu dans la Shoah, mon oncle, plus tard, a retrouvé le gosse devenu grand, aux Etats-Unis, « de mon vivant ».
L’association automatique au mot « rafle » est même la base d’un génial mot d’esprit de Cabu. En 1984 , un puissant patron de presse, Robert Hersant, s’impose sur la liste de Simone Veil, icône de la mémoire de la Shoah, pour les élections européennes. C’est un ancien collabo, propagandiste ultra-antisémite, condamné en 1947 à dix ans d’indignité nationale, mais il bénéficie de l’amnistie générale de 1952. Du coup, on n’a plus le droit d’invoquer ce passé : amnistie se confond avec amnésie. Comment alors dénoncer sa présence sur la liste Veil ? Cabu, dans Le Canard Enchainé, trouve la solution. Il dessine Simone à la tête de sa liste, renfrognée face à Hersant qui se pointe. Elle maugrée : « C’est plus une liste, c’est une rafle ! » Et tous les lecteurs se marrent : à cette époque l’allusion est claire pour tout le monde. Aujourd’hui ?
(Sur la photo : Gregory Bovino, Hauptfürher ICE à Minneapolis. Devant le scandale provoqué par les crimes de ses sbires, même Trump a été obligé de le limoger. Il aime comme ici reprendre le manteau des officiers SS, signés Hugo Boss. Mais la plupart des jeunes journalistes le comparent à ... Dark Vador. O tempo’a ! O mo’es ! comme le disait la vigie des pirates d’Astérix, et plus personne ne la comprend non plus, et depuis « Astérix en Lusitanie » elle a appris à rouler les R. Tout fout le camp.)
Pour ma génération, ce souvenir glaçant du mot « rafle » était automatique. Il faisait partie de « l’horizon des souvenirs », alors que, nés juste après la guerre, on ne l’avait pas vécu. Parce que nos parents nous en parlaient, parce qu’on en a fait un film, « Monsieur Klein ». La voisine juive venue demander conseil à ma mère (elle était sa prof d’allemand) a suivi son conseil et s’est planquée : je l’ai connue ! La voisine de mon père lui a confié son enfant avec mission de le confier à un ami étranger. Mon père m’a raconté avoir traversé Paris avec le gosse, puis être allé au Vel d’Hiv pour prévenir sa mère (par haut-parleur, comme dans le film « Monsieur Klein ») : Mission accomplie. La maman a disparu dans la Shoah, mon oncle, plus tard, a retrouvé le gosse devenu grand, aux Etats-Unis, « de mon vivant ».
L’association automatique au mot « rafle » est même la base d’un génial mot d’esprit de Cabu. En 1984 , un puissant patron de presse, Robert Hersant, s’impose sur la liste de Simone Veil, icône de la mémoire de la Shoah, pour les élections européennes. C’est un ancien collabo, propagandiste ultra-antisémite, condamné en 1947 à dix ans d’indignité nationale, mais il bénéficie de l’amnistie générale de 1952. Du coup, on n’a plus le droit d’invoquer ce passé : amnistie se confond avec amnésie. Comment alors dénoncer sa présence sur la liste Veil ? Cabu, dans Le Canard Enchainé, trouve la solution. Il dessine Simone à la tête de sa liste, renfrognée face à Hersant qui se pointe. Elle maugrée : « C’est plus une liste, c’est une rafle ! » Et tous les lecteurs se marrent : à cette époque l’allusion est claire pour tout le monde. Aujourd’hui ?
(Sur la photo : Gregory Bovino, Hauptfürher ICE à Minneapolis. Devant le scandale provoqué par les crimes de ses sbires, même Trump a été obligé de le limoger. Il aime comme ici reprendre le manteau des officiers SS, signés Hugo Boss. Mais la plupart des jeunes journalistes le comparent à ... Dark Vador. O tempo’a ! O mo’es ! comme le disait la vigie des pirates d’Astérix, et plus personne ne la comprend non plus, et depuis « Astérix en Lusitanie » elle a appris à rouler les R. Tout fout le camp.)