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Erik Tegnér fondateur et directeur de la rédaction du média Frontières

Posté : 09 août 2026, 11:09
par France
Erik Tegnér est un journaliste et militant politique d'extrême droite français, né le 15 septembre 1993 à Paris, fondateur et directeur de la rédaction du média Frontières (anciennement Livre noir), visé par des plaintes pour harcèlement et agressions sexuelles, classées sans suite.

Pris à partie par des bretons lors d'une soirée sur l'île de Groix, Erik Tegnér a décidé de porter plainte pour agression. La procureure de Lorient décrit « une ambiance animée mais calme » lors de la nuit sur le port, ainsi qu'un comportement « inadapté dans ses échanges avec les opérateurs de police et de gendarmerie » de la part de Tegnér.

Une enquête est ouverte.

Erik Tegnér fondateur et directeur de la rédaction du média Frontières

Posté : 09 août 2026, 15:33
par Phil Traère
Le parquet de Lorient démonte le récit victimaire du patron de Frontières après son altercation à Groix
Erik Tegnér, patron du média d'extrême droite Frontières, criait à l'agression par « 150 antifas » après une soirée agitée sur l'île de Groix. Les éléments transmis par le parquet de Lorient racontent une toute autre histoire : une ambiance « animée mais calme », aucune blessure, et un comportement jugé « inadapté » face aux gendarmes.

Il n'aura fallu que quelques huées pour que le propagandiste d'extrême droite Erik Tegnér s'invente en martyr. Dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 août, alors qu'il passait ses vacances sur l'île de Groix, dans le Morbihan, le fondateur du média identitaire Frontières a été chahuté dans un bar de Port-Tudy par une foule qui l'avait reconnu. Sur le réseau social X, l'histoire qu'il raconte est spectaculaire : il affirme avoir été « agressé » par « 150 antifas », un chiffre qu'il prétend « confirmé par les caméras de vidéosurveillance », et lance, drapé en victime, que « la Bretagne mérite mieux ». Sur les plateaux complaisants de CNEWS, il en rajoute, évoquant « un enfer » et assurant craindre qu'« il y aura un drame ».

Sauf que la réalité, telle que rapportée par les autorités elles-mêmes, est nettement moins flatteuse pour lui. Selon la procureure de Lorient Laetitia Mirande, les gendarmes appelés sur place pour une « rixe en cours » n'ont trouvé ni horde ni traquenard, mais un port « rempli d'une foule estimée entre 100 et 150 personnes disséminée en petits groupes dans une ambiance animée mais calme ». Rien à voir avec l'attaque coordonnée décrite par l'intéressé. Plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux : sur l'une, on le voit hué et qualifié de « facho » ; sur un autre extrait, on aperçoit une personne lui retirer son maillot de bain.

Mieux encore : loin de la posture du chevalier blanc pourchassé, c'est le comportement même d'Erik Tegnér qui interroge la justice. Après avoir regagné son bateau en paddle sous la pression d'une partie de la foule, il a été accompagné à la gendarmerie où il se serait montré « inadapté dans ses échanges » avec les opérateurs de police et de gendarmerie. Et surprise : ce grand défenseur autoproclamé de la liberté d'expression, qui hurle aujourd'hui au scandale, n'a « pas souhaité déposer plainte » dans un premier temps. Il ne présentait, précise le parquet, « aucune trace de blessure ». Ce n'est que le lendemain qu'il précisera finalement aux enquêteurs, vidéos à l'appui, avoir été poussé par quatre personnes. Une enquête a bien été ouverte pour violences en réunion sans incapacité de travail, mais à ce stade, aucun auteur n'a été identifié ni interpellé.

Car il faut le rappeler : cet homme qui se présente comme journaliste n'en est pas à son coup d'essai en matière de comportements douteux, ni de récits arrangés. Ancien président de la section jeunesse des Républicains avant de basculer dans le soutien à Éric Zemmour, Erik Tegnér a fondé le média Livre Noir, depuis rebaptisé Frontières. Il a été condamné en juin dernier à six mois de prison avec sursis pour avoir divulgué les contacts personnels d'avocats spécialistes de la défense des migrants, une pratique de dénonciation qui vise clairement à intimider et exposer des professionnels du droit à des représailles. L'ouverture de sa brasserie dans les Côtes-d'Armor, il y a quelques semaines, avait d'ailleurs déjà donné lieu à des tensions. Un homme qui cultive la provocation, puis s'étonne d'en récolter les fruits.

Il n'a pas non plus manqué de convoquer, pour dramatiser son histoire, le nom de Quentin Deranque, jeune militant d'extrême droite mort en février 2026 à Lyon après une rixe, rapportant que certains l'auraient invectivé en lui disant que ce dernier « l'avait mérité ». Une instrumentalisation glaçante d'un drame réel pour se draper une fois de plus en victime d'une supposée violence de la gauche.

Sans surprise, les soutiens de circonstance affluent de toute l'extrême droite institutionnelle : le député RN Sébastien Chenu, le maire de Nice Éric Ciotti et la fondatrice de Némésis Alice Cordier se sont fendus de messages compatissants. Une solidarité de façade entre gens qui savent, mieux que quiconque, comment transformer un fait divers en martyre politique.

Ce que révèle cette affaire, c'est la mécanique bien huilée de l'extrême droite médiatique : provoquer, se faire éconduire par une population qui n'en veut pas, puis retourner la situation en grand récit persécutoire, relayé sans le moindre recul par des chaînes qui lui servent de porte-voix. Une population qui, sur une île de Bretagne, a simplement fait savoir à un propagandiste condamné par la justice qu'il n'était pas le bienvenu ne constitue pas une agression. C'est un rejet populaire, légitime, face à des idées qui n'ont pas leur place.