LA COMMISSION D'ENQUÊTE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE SUR L’AUDIOVISUEL PUBLIC, instrumentalisée par le député Ciottiste - Charles-Henri Alloncle - est un outil de dénigrement, de mensonge et de propagande à charge contre l'audiovisuel public
Regarder par exemple :
Attaques des médias publics selon les recettes de Trump et d'Erdogan, cette caricature d'enquête démontre - et c'est terrifiant - la faiblesse de nos institutions démocratiques.
Le véritable objectif de cette procédure est de discréditer, disloquer et vendre FranceTélévision et RadioFrance à Vincent Bolloré, Pierre-Édouard Stérin et consorts, pour arranger à leur sauce l'information politique, économique, scientifique et environnementale.
Merci infiniment à Xavier Niel, Matthieu Pigasse, Nagui, Elise Lucet, Léa Salamé, Laurent Delahousse, Tristan Waleckx, entre autres, d'avoir déconstruit brillamment les attaques diffamatoires et mensongères du rapporteur Charles Alloncle.
*** Pour les élections de 2027, protégeons nos #Libertés, notre Démocratie, notre Terre et notre Environnement, pour nous et les générations futures, en votant pour des partis qui combattent les droites radicales et extrêmes.
Commission d'enquête sur l'audiovisuel public
Modérateur : Betatest
Vues : 36
• Commentaires : 2
•
Favoris : 0
•
Abonnés : 0
- paul
- Utilisateur
- Messages : 9
- Enregistré le : 28 mars 2026, 22:19
- Sujets : 4
- A remercié : 4 fois
- A été remercié : 5 fois
Commission d'enquête sur l'audiovisuel public
Quand l'extrême droite falsifie les chiffres pour tuer le service public
Chapeau : La commission d'enquête sur l'audiovisuel public a rendu son dernier acte mercredi 8 avril. Pour clore six mois de travaux émaillés d'incidents, le rapporteur UDR Charles Alloncle a de nouveau tenté de démontrer, chiffres à l'appui, que France Télévisions coûterait toujours plus cher aux Français. Un argument martelé depuis des mois, et que les faits réfutent point par point.
Le 8 avril 2026, la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public refermait ses portes après 67 auditions et 234 personnes entendues. Pour sa dernière séance, le rapporteur Charles Alloncle, député de l'Hérault élu sous l'étiquette de l'UDR d'Eric Ciotti, allié structurel du Rassemblement national, a choisi de rejouer une scène déjà vue : s'arc-bouter sur des chiffres sortis de leur contexte pour faire croire à une hausse des dotations publiques accordées à France Télévisions. Face à lui, Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions depuis 2015 et actuellement à son troisième mandat, n'a pas mâché ses mots.
Alloncle affirme que les dotations publiques accordées à France Télévisions ont augmenté de 136 millions d'euros entre 2015 et 2024, en s'appuyant sur deux rapports distincts de la Cour des comptes : celui de 2016 pour les données de l'année 2015, et celui de septembre 2025 pour les données de 2024. En apparence, la soustraction est bonne. Mais c'est là que commence la manipulation.
La comparaison qu'il effectue est viciée à plusieurs niveaux. D'abord, il retient l'année 2024, que la Cour des comptes elle-même écarte comme année de référence pertinente, en raison du caractère exceptionnel des Jeux olympiques de Paris. Ces derniers ont généré des financements complémentaires spécifiques, notamment 81,2 millions d'euros au titre de la compensation des droits sportifs, ainsi que des concours supplémentaires pour financer la diffusion en ultra haute définition. Des montants ponctuels, non reconductibles, que le député intègre volontairement dans son calcul pour gonfler le chiffre final. La Cour des comptes a elle-même préféré retenir 2023 comme année de référence, précisément pour éviter ce biais.
Alloncle choisit ensuite de s'appuyer sur le total le plus large possible des ressources publiques, appelé dans les rapports de la Cour le "Total II", plutôt que sur le périmètre retenu par France Télévisions elle-même, qui déduit du calcul la compensation de la taxe sur les salaires. Cette taxe, issue de la suppression en 2022 de la redevance audiovisuelle, est intégralement reversée à l'État : l'inclure dans les dotations revient à compter comme une ressource de France TV une somme qui lui est immédiatement reprise. En 2024, cette compensation atteignait 55 millions d'euros. Ernotte l'a dénoncé sans détour : mélanger chiffre d'affaires et dotation publique, additionner deux rapports de la Cour des comptes sans le préciser, est un procédé qu'elle a qualifié directement de manipulatoire.
La réalité documentée par la Cour des comptes est tout autre. Entre 2018 et 2022, les concours publics accordés à France Télévisions ont reculé de 161 millions d'euros. Sur l'ensemble de la période 2017-2025, la baisse est de 3,5 % en valeur nominale, et de 18,5 % en euros constants, c'est-à-dire en tenant compte de l'inflation. Car c'est bien là le coeur du problème : les rapports de la Cour des comptes présentent toujours leurs données en euros courants, sans correction inflationniste. Or l'inflation a dépassé 20 % depuis 2015. Si l'on convertit les 2 617 millions alloués en 2024 en euros constants de 2015, on obtient environ 2 184 millions d'euros, soit bien moins que les 2 481 millions effectivement versés à l'époque. En termes réels, France Télévisions a donc subi une baisse significative de ses moyens, que les chiffres bruts d'Alloncle dissimulent soigneusement.
France Télévisions le confirme dans sa propre réponse au rapport de la Cour des comptes publié en septembre 2025 : entre 2015 et 2025, les concours publics au groupe ont diminué de 1 % en valeur nominale, malgré une inflation de plus de 20 % sur la période. La Société civile des auteurs multimédia (Scam) formule ce constat de façon encore plus directe : en tenant compte de l'inflation, France Télévisions coûte 20 % de moins aux Français qu'il y a dix ans. Ernotte avait, elle, résumé la situation en chiffre brut : en euros constants, le groupe coûte 600 millions de moins par an qu'il y a dix ans. Et France Télévisions a parallèlement réduit ses effectifs de plus de 12 % en dix ans et diminué ses charges d'exploitation de 386 millions d'euros entre 2015 et 2024.
Et la tendance ne s'améliore pas. Pour 2026, ce sont 80,2 millions d'euros de coupes supplémentaires qui ont été imposés au groupe, auxquels s'ajoutent la nécessité de combler le déficit prévisionnel de 2025. L'effort global exigé de France Télévisions atteint un niveau historique de 140 à 150 millions d'euros en une seule année. Les capitaux propres du groupe ont fondu de 40 % en huit ans. La Cour des comptes elle-même avertit que l'entreprise risque la dissolution si l'État n'intervient pas pour rétablir ses fonds propres avant fin 2026. France Télévisions n'a par ailleurs plus de contrat d'objectifs et de moyens depuis fin 2023, ce que la Cour qualifie de dysfonctionnement de ses tutelles, et ce qui contrevient au règlement européen sur la liberté des médias entré en vigueur en 2024.
Ce contexte financier catastrophique, aggravé délibérément par des années de sous-dotation, est celui dans lequel Alloncle prétend voir une entreprise trop choyée. La mécanique est connue : on affame une institution publique, on la montre en déficit, on crie à la gabegie, et on propose le démantèlement comme seule solution raisonnable. Cette commission d'enquête, née du droit de tirage de l'UDR, alliée structurelle du RN, n'avait pas pour vocation de défendre le service public. Ses méthodes, qualifiées d'inquisitoriales par nombre de participants, son rapport à venir soumis au vote des 31 commissaires le 27 avril, et les propositions législatives envisagées dans la niche parlementaire du groupe le 25 juin, s'inscrivent dans une stratégie globale de déstabilisation de l'audiovisuel public portée par une nébuleuse qui va de l'UDR aux médias de la galaxie Bolloré.
Il convient d'ailleurs de rappeler qui est Charles Alloncle. Un député de 32 ans, issu de Sciences Po et d'HEC, entré à l'Assemblée nationale en 2024 dans la foulée de la dissolution, dont les interventions en commission ont été régulièrement alimentées en temps réel par une équipe de collaborateurs actifs sur les réseaux, et dont les extraits soigneusement sélectionnés des auditions ont été amplifiés par les canaux d'extrême droite. Un profil de communicant politique au service d'un projet idéologique assumé, que les attaques répétées contre Nagui, Xavier Niel ou Elise Lucet ont illustré séance après séance.
Selon un sondage Viavoice dévoilé lors des Assises du journalisme de Tours le 6 avril 2026, trois Français sur quatre considèrent les médias de service public comme importants, voire indispensables, au bon fonctionnement de la démocratie. Ce chiffre-là, Alloncle ne l'a pas cité.
Sources : Libération, France 24
Chapeau : La commission d'enquête sur l'audiovisuel public a rendu son dernier acte mercredi 8 avril. Pour clore six mois de travaux émaillés d'incidents, le rapporteur UDR Charles Alloncle a de nouveau tenté de démontrer, chiffres à l'appui, que France Télévisions coûterait toujours plus cher aux Français. Un argument martelé depuis des mois, et que les faits réfutent point par point.
Le 8 avril 2026, la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public refermait ses portes après 67 auditions et 234 personnes entendues. Pour sa dernière séance, le rapporteur Charles Alloncle, député de l'Hérault élu sous l'étiquette de l'UDR d'Eric Ciotti, allié structurel du Rassemblement national, a choisi de rejouer une scène déjà vue : s'arc-bouter sur des chiffres sortis de leur contexte pour faire croire à une hausse des dotations publiques accordées à France Télévisions. Face à lui, Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions depuis 2015 et actuellement à son troisième mandat, n'a pas mâché ses mots.
Alloncle affirme que les dotations publiques accordées à France Télévisions ont augmenté de 136 millions d'euros entre 2015 et 2024, en s'appuyant sur deux rapports distincts de la Cour des comptes : celui de 2016 pour les données de l'année 2015, et celui de septembre 2025 pour les données de 2024. En apparence, la soustraction est bonne. Mais c'est là que commence la manipulation.
La comparaison qu'il effectue est viciée à plusieurs niveaux. D'abord, il retient l'année 2024, que la Cour des comptes elle-même écarte comme année de référence pertinente, en raison du caractère exceptionnel des Jeux olympiques de Paris. Ces derniers ont généré des financements complémentaires spécifiques, notamment 81,2 millions d'euros au titre de la compensation des droits sportifs, ainsi que des concours supplémentaires pour financer la diffusion en ultra haute définition. Des montants ponctuels, non reconductibles, que le député intègre volontairement dans son calcul pour gonfler le chiffre final. La Cour des comptes a elle-même préféré retenir 2023 comme année de référence, précisément pour éviter ce biais.
Alloncle choisit ensuite de s'appuyer sur le total le plus large possible des ressources publiques, appelé dans les rapports de la Cour le "Total II", plutôt que sur le périmètre retenu par France Télévisions elle-même, qui déduit du calcul la compensation de la taxe sur les salaires. Cette taxe, issue de la suppression en 2022 de la redevance audiovisuelle, est intégralement reversée à l'État : l'inclure dans les dotations revient à compter comme une ressource de France TV une somme qui lui est immédiatement reprise. En 2024, cette compensation atteignait 55 millions d'euros. Ernotte l'a dénoncé sans détour : mélanger chiffre d'affaires et dotation publique, additionner deux rapports de la Cour des comptes sans le préciser, est un procédé qu'elle a qualifié directement de manipulatoire.
La réalité documentée par la Cour des comptes est tout autre. Entre 2018 et 2022, les concours publics accordés à France Télévisions ont reculé de 161 millions d'euros. Sur l'ensemble de la période 2017-2025, la baisse est de 3,5 % en valeur nominale, et de 18,5 % en euros constants, c'est-à-dire en tenant compte de l'inflation. Car c'est bien là le coeur du problème : les rapports de la Cour des comptes présentent toujours leurs données en euros courants, sans correction inflationniste. Or l'inflation a dépassé 20 % depuis 2015. Si l'on convertit les 2 617 millions alloués en 2024 en euros constants de 2015, on obtient environ 2 184 millions d'euros, soit bien moins que les 2 481 millions effectivement versés à l'époque. En termes réels, France Télévisions a donc subi une baisse significative de ses moyens, que les chiffres bruts d'Alloncle dissimulent soigneusement.
France Télévisions le confirme dans sa propre réponse au rapport de la Cour des comptes publié en septembre 2025 : entre 2015 et 2025, les concours publics au groupe ont diminué de 1 % en valeur nominale, malgré une inflation de plus de 20 % sur la période. La Société civile des auteurs multimédia (Scam) formule ce constat de façon encore plus directe : en tenant compte de l'inflation, France Télévisions coûte 20 % de moins aux Français qu'il y a dix ans. Ernotte avait, elle, résumé la situation en chiffre brut : en euros constants, le groupe coûte 600 millions de moins par an qu'il y a dix ans. Et France Télévisions a parallèlement réduit ses effectifs de plus de 12 % en dix ans et diminué ses charges d'exploitation de 386 millions d'euros entre 2015 et 2024.
Et la tendance ne s'améliore pas. Pour 2026, ce sont 80,2 millions d'euros de coupes supplémentaires qui ont été imposés au groupe, auxquels s'ajoutent la nécessité de combler le déficit prévisionnel de 2025. L'effort global exigé de France Télévisions atteint un niveau historique de 140 à 150 millions d'euros en une seule année. Les capitaux propres du groupe ont fondu de 40 % en huit ans. La Cour des comptes elle-même avertit que l'entreprise risque la dissolution si l'État n'intervient pas pour rétablir ses fonds propres avant fin 2026. France Télévisions n'a par ailleurs plus de contrat d'objectifs et de moyens depuis fin 2023, ce que la Cour qualifie de dysfonctionnement de ses tutelles, et ce qui contrevient au règlement européen sur la liberté des médias entré en vigueur en 2024.
Ce contexte financier catastrophique, aggravé délibérément par des années de sous-dotation, est celui dans lequel Alloncle prétend voir une entreprise trop choyée. La mécanique est connue : on affame une institution publique, on la montre en déficit, on crie à la gabegie, et on propose le démantèlement comme seule solution raisonnable. Cette commission d'enquête, née du droit de tirage de l'UDR, alliée structurelle du RN, n'avait pas pour vocation de défendre le service public. Ses méthodes, qualifiées d'inquisitoriales par nombre de participants, son rapport à venir soumis au vote des 31 commissaires le 27 avril, et les propositions législatives envisagées dans la niche parlementaire du groupe le 25 juin, s'inscrivent dans une stratégie globale de déstabilisation de l'audiovisuel public portée par une nébuleuse qui va de l'UDR aux médias de la galaxie Bolloré.
Il convient d'ailleurs de rappeler qui est Charles Alloncle. Un député de 32 ans, issu de Sciences Po et d'HEC, entré à l'Assemblée nationale en 2024 dans la foulée de la dissolution, dont les interventions en commission ont été régulièrement alimentées en temps réel par une équipe de collaborateurs actifs sur les réseaux, et dont les extraits soigneusement sélectionnés des auditions ont été amplifiés par les canaux d'extrême droite. Un profil de communicant politique au service d'un projet idéologique assumé, que les attaques répétées contre Nagui, Xavier Niel ou Elise Lucet ont illustré séance après séance.
Selon un sondage Viavoice dévoilé lors des Assises du journalisme de Tours le 6 avril 2026, trois Français sur quatre considèrent les médias de service public comme importants, voire indispensables, au bon fonctionnement de la démocratie. Ce chiffre-là, Alloncle ne l'a pas cité.
Sources : Libération, France 24