USA - Trump - Carnage

Comme le disait "Joseph Beuys", l'art c'est la vie.

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defre
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USA - Trump - Carnage

Message par defre »

Donald Trump vient de démarrer la destruction d’une partie de la Maison-Blanche. 💥

Oui, vous avez bien lu. Depuis quelques jours, les pelleteuses sont à l’œuvre sur l’aile Est du bâtiment le plus symbolique des États-Unis.

Sous la présidence de Franklin D. Roosevelt, cette aile avait été agrandie en 1942 pour accueillir les bureaux de la Première Dame et dissimuler un bunker secret : le centre d’opérations d’urgence présidentielle, construit pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est cette partie-là, chargée d’histoire et d’une valeur patrimoniale inestimable, que Donald Trump a choisi de faire démolir pour lancer la construction… d’une salle de bal !

Un vaste espace de près de 8 000 m², capable d’accueillir jusqu’à un millier d’invités selon lui, où se tiendront réceptions et dîners de prestige entre puissants. L’ancien président, simple locataire des lieux, affirme qu’il « corrige une erreur historique », estimant que « la Maison-Blanche n’a jamais eu la salle de bal qu’elle méritait ». Le projet, selon la version officielle, serait financé par Trump lui-même. Dans les faits, plusieurs grands groupes et milliardaires se cachent derrière ce financement « privé », dans l’espoir évident d’un retour sur investissement.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump imprime son style sur les lieux. Il y a peu, il avait déjà fait ajouter des moulures dorées, des cadres plaqués or et d’imposantes tentures dans le Bureau ovale, transformant la sobriété classique du lieu en décor d’hôtel de luxe. Cette fois, il va plus loin : il s’attaque directement à la structure historique du bâtiment, à ce morceau d’histoire qui abrite encore les traces de la présidence Roosevelt et le souvenir de la Seconde Guerre mondiale.

Une page d’histoire se raye, au nom de la mise en scène du pouvoir. Le symbole est fort : la maison du peuple américain devient, lentement mais sûrement, le théâtre personnel d’un dirigeant qui se rêve en monarque doré. Et en parlant de monarchie, Trump vient de poster sur ses réseaux une vidéo où il se proclame président à vie. Il l’avait d’ailleurs promis pendant sa campagne : « Si je gagne, vous n’aurez plus jamais à voter. » C’est en bonne voie.

À l’heure où les inégalités explosent dans le pays, où la crise climatique frappe de plein fouet, où les infrastructures publiques tombent en ruine, où des milliers de personnes ne peuvent pas se soigner, un président milliardaire décide de bâtir une salle de bal pour riches convives. Une salle de bal dorée, dans une Maison-Blanche remodelée à son image, où la soif de pognon est la valeur centrale. Idiocratie n’aurait pas imaginé mieux comme expression de la vacuité.

Ce geste nous parle d’une époque où le pouvoir politique se confond de plus en plus avec le spectacle, où l’on confond prestige et service public, faste et fierté nationale. On ne bâtit plus pour le peuple, mais pour la gloire de celui qui gouverne à l’instant T et de ses potes puissants. Et pendant que les projecteurs éclairent le marbre et les dorures, le pays, lui, s’enfonce dans une dictature tranquille.

La Maison-Blanche a toujours symbolisé la démocratie américaine, aussi imparfaite soit-elle. Elle devient aujourd’hui le miroir d’un culte de la personnalité sans limite, celui d’un homme débordant d’ego, incapable d’aligner cinq mots en anglais correct sans insulter les gens autour de lui, persuadé que l’Histoire tourne autour de sa personne. Le monde a déjà connu ce genre de personnage sans grande valeur humaine - pourtant très populaires de leur temps - et ça ne s’est jamais bien terminé…

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Modifié en dernier par Fred le 29 janv. 2026, 12:29, modifié 1 fois.
Vieillir c'est quand on dit « Tu » à tout le monde et que tout le monde vous dit « Vous ».
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PaulParis
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Re: Trump fait démolir une partie de la Maison-Blanche

Message par PaulParis »

Pour des millions d'Américains, elle représentait le bâtiment le plus familier de la démocratie américaine. Lieu des visites guidées de la Maison Blanche, des bureaux des Premières dames depuis près d'un demi-siècle, la partie orientale de la "Maison du Peuple" a été entièrement détruite jeudi 24 octobre sur ordre de Donald Trump après 123 ans de bons et loyaux services, suscitant l'émoi d'une partie de la classe politique ainsi que des défenseurs du patrimoine.
Le choc est d'autant plus grand à Washington que le président américain avait promis cet été de ne pas toucher au bâtiment. Son projet de salle de bal à 300 millions de dollars ne devait constituer qu'un ajout. Au contraire, non seulement l'aile est a disparu, mais aussi le couloir qui y mène, connu sous le nom de colonnade est.
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Phil Traère
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La folie de Trump ?

Message par Phil Traère »

Trump n’est pas fou !
Kidnapping du président du Venezuela, volonté d’annexion du Groenland, création d’un “conseil de paix” pour torpiller l’ONU avec un ticket d’entrée à un milliard d’euros…
On pourrait se dire que Donald Trump est devenu fou.
Mais ce qui se déroule sous nos yeux est beaucoup plus profond.
Trump n’est pas fou, il incarne le durcissement de l'impérialisme des Etats-Unis dans une situation de crise de leur hégémonie.
Les Etats-Unis veulent maintenir leur domination mondiale et si ils ne peuvent le faire par l’économie, ils le feront par la force.
Les Etats-Unis ont perdu leur hégémonie et leur domination économique.

Ces derniers mois, la Chine a dépassé la superpuissance américaine dans de nombreux domaines stratégiques :
Industrie, robotique, énergie solaire, exportations de marchandises et recherche technologique.
https://legrandcontinent.eu/fr/2025/10/ ... ecrochage/

Une perte d’hégémonie, c’est une diminution des profits pour les grands capitalistes étasuniens mais aussi la probable remise en cause de la puissance politique des Etats-Unis sur la scène internationale.
L’époque où les Etats-Unis demeuraient l’unique super-puissance gendarme du monde semble toucher à sa fin.
Trump n’est pas fou, il répond aux aspirations des forces économiques américaines qui s’accrochent à la super-puissance.
Si les Etats-Unis ne peuvent pas dominer par l’économie, ils domineront par la guerre.
S’il y a un domaine dans lequel les Etats-Unis restent en tête c’est bien celui des dépenses militaires. Un budget déjà colossal que Trump prévoit d’augmenter de 50% en 2027.
Cet essor de l’impérialisme américain n’est pas une anomalie de l’histoire, il n’a jamais disparu.
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PaulParis
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Re: La folie de Trump ?

Message par PaulParis »

« Ça va, monsieur Bardella, vous êtes à l’aise ? Vous êtes à l’aise à tenir ce discours aujourd’hui alors que vous avez été, avec votre groupe, l’une des premiers supporters de Donald Trump ? Alors que vous avez dit, je cite, que son élection était : « un vent de liberté pour nos démocraties » ?

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PaulParis
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Re: La folie de Trump ?

Message par PaulParis »

Les médias se concentrent pas mal sur la tonalité agressive du discours du président américain ce jour à Davos. Je retiens surtout que ce très vieux monsieur perd de plus en plus la boule. Sur 70 minutes de discours, la liste des énormités débitées est quasi sans fin. J'ai noté les cinq plus grotesques.

1. Les États-Unis ont rendu le Groenland au Danemark après la Seconde Guerre mondiale.
Les États-Unis n'ont jamais possédé le Groenland. Ils y ont seulement installé des bases militaires (cela leur arrive semble-t-il) temporaires pendant la guerre. En 1946, ils ont tenté de l'acheter, mais le Danemark a refusé.

2. La Chine n'a pas d'éoliennes (qu'il qualifie de "moulins à vent").
La Chine est en réalité le premier producteur mondial d'énergie éolienne depuis une quinzaine d'années et construit près de 45 % des nouvelles installations mondiales.

3. Les États-Unis financent 100 % de l'OTAN.
La contribution américaine représente environ 16 % du budget commun de l'OTAN. Sa marge d'erreur est par contre de plus de 400%

4. Le Groenland et l'Islande sont la même île.
Dans son discours, il a mélangé à plusieurs reprises les deux pays, qui sont pourtant distincts géographiquement, politiquement et culturellement. Mais bon, il aurait pu confondre avec l'Irlande.

5. Le marché boursier américain s'est effondré à cause de l'Islande.
J'aimerais vraiment beaucoup que ce soit exact. Mais il est permis de douter que les 380.000 Islandais aient le poids économique nécessaire pour provoquer un effondrement de Wall Street. Mais en ajoutant les 55.000 Groenlandais qui sait ...

Bref, le parrain de Mar-a-Lago, impopulaire comme jamais chez lui, est occupé à s'auto-dissoudre dans sa sénilité. Reste qu'il est la pointe de l'iceberg (si j'ose) d'un phénomène de repli identitaire plus profond aux USA. Espérons quand même que la gauche américaine va continuer de se réveiller pour en finir avec ce vieillard et ses copains.

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USA - Trump - Carnage

Message par Phil Traère »

Les États-Unis ont officiellement quitté l’Organisation mondiale de la santé (OMS), accusant l’agence d’avoir mal géré la pandémie de Covid-19.
L’administration Trump exclut tout retour et stoppe ses financements, malgré une dette de 260 millions $.

Ce départ provoque une grave crise budgétaire à l’OMS, avec des coupes massives et des licenciements.
Les experts alertent sur les risques majeurs pour la santé mondiale.

https://www.latribune.fr/article/entrep ... -de-dettes
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Re: USA - Trump - Carnage

Message par PaulParis »

L'homme tué par l'ICE à Minneapolis, Alex Pretti, était infirmier dans la région.
Selon le Minnesota Star Tribune :
- Pretti n'avait pas d'antécédents judiciaires graves.
- Pretti avait étudié à l'Université du Minnesota.
- Pretti avait obtenu son diplôme d'infirmier en 2021 et sa licence est valide jusqu'en mars 2026.

Alex Pretti.jpg
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Re: USA - Trump - Carnage

Message par Phil Traère »

PaulParis a écrit :
25 janv. 2026, 08:50
L'homme tué par l'ICE
Violence fédérale à Minneapolis : le risque d’un tournant intérieur pour Donald Trump
Deux morts en moins de trois semaines dans la même ville, deux réactions présidentielles identiques. À Minneapolis, la répétition des faits et la constance de la parole présidentielle commencent à produire un effet politique préoccupant, à l’approche d’échéances électorales sensibles.

Les circonstances exactes de l’intervention font l’objet de vives controverses : des images diffusées montrent une interpellation violente et désordonnée, suscitant des interrogations sur la réalité d’une menace immédiate telle qu’évoquée par les autorités fédérales.
Ce décès intervient moins de trois semaines après celui d’une jeune femme tuée le 7 janvier, également lors d’une intervention fédérale, dans la même ville. Deux morts, un même cadre opérationnel, et un climat local désormais marqué par la tension et la défiance.

Dans les deux affaires, la réaction de Donald Trump a suivi une ligne identique.
Le président a choisi de défendre immédiatement les agents fédéraux, d’attaquer frontalement les autorités locales et de politiser les événements sans attendre les conclusions des enquêtes en cours.

À aucun moment, ni le 7 janvier ni le 24 janvier, la communication présidentielle n’a été recentrée sur une expression de compassion pour les victimes ou sur un appel explicite au calme et à la retenue institutionnelle. Cette constance tranche avec les usages généralement attendus après des décès impliquant l’usage de la force par l’État.

À l’approche des élections de mi-mandat, ces affaires nourrissent la contestation, mobilisent l’opposition et parasitent l’agenda présidentiel, au moment même où l’exécutif cherche à projeter une image d’autorité et de maîtrise, y compris sur la scène internationale.
Pris isolément, chaque incident aurait pu être absorbé. Leur répétition, dans un laps de temps réduit, et la similitude des réactions présidentielles changent la nature du problème. À Minneapolis, ce qui n’était qu’un fait divers sensible prend désormais la forme d’un signal politique faible mais cumulatif, susceptible de peser durablement sur l’équilibre intérieur de la présidence américaine.
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PaulParis
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Chute du dollar face à l'euro

Message par PaulParis »

L'euro (EUR/USD), à 1,1930 dollar mercredi, a dépassé 1,20 dollar (1,2045 dollar) pour la première fois depuis mai 2021. Donald Trump n'a rien trouvé à redire à la chute de la monnaie américaine qui inquiète pourtant les milieux financiers et Wall Street. Interrogé en déplacement dans l'Iowa alors que le billet vert chutait face aux grandes monnaies (euro, dollar, yen, livre sterling, yuan), le président américain a déclaré qu'il n'était pas du tout inquiet.

Hasard ou présage, le dollar a connu sa plus forte baisse journalière depuis la tempête des droits de douane, le jour de la publication de l'Horloge de l'Apocalypse. Elle mesure l'éventail des risques (nucléaire, guerres, épidémie) pour la terre et l'espèce humaine. Pour « l'espèce financière », le krach du dollar reste la grande peur des marchés qui ne sont pas loin de l'assimiler au « jugement dernier ». Pour Donald Trump la chute du dollar est « formidable ».

https://www.latribune.fr/article/econom ... ce-a-leuro
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Re: USA - Trump - Carnage

Message par Phil Traère »

Il est tentant de voir dans Donald Trump un dirigeant brutal, imprévisible, agressif, défiant les règles de la diplomatie traditionnelle. Mais cette lecture, bien que partiellement juste, masque l’essentiel : la fragilité structurelle de sa position dans l’ordre mondial contemporain.
Trump ne gouverne pas dans un monde de rapports de force classiques. Il gouverne dans un système globalisé où la véritable puissance repose moins sur la coercition que sur la confiance — confiance des marchés, des alliés, des institutions et des opinions publiques. Or, c’est précisément cette confiance qu’il érode méthodiquement.

LE POINT DE RUPTURE : LA CONFIANCE FINANCIÈRE MONDIALE
La principale vulnérabilité de Trump réside aujourd’hui dans la dépendance extrême des États-Unis aux marchés obligataires. Avec une dette publique dépassant les 38 000 milliards de dollars et des déficits chroniques, la soutenabilité budgétaire américaine repose sur un postulat central : la croyance collective dans la stabilité politique, institutionnelle et géopolitique du pays.
Or, depuis plusieurs semaines, les marchés envoient des signaux discrets mais persistants de défiance. La hausse des taux longs, la volatilité accrue de la dette souveraine américaine, le repositionnement progressif des grands fonds internationaux et la diversification des réserves monétaires indiquent une lente mais réelle intégration du risque politique américain dans les modèles financiers globaux.
Ce mouvement n’est pas spectaculaire. Il est plus dangereux encore : il est structurel.
Trump découvre une réalité qu’aucun président américain moderne n’avait véritablement affrontée : la possibilité que la prime de confiance américaine cesse d’être automatique.

UNE BASE ÉLECTORALE SOUS PRESSION ÉCONOMIQUE DIRECTE
Cette fragilité financière se double d’un talon d’Achille politique. Le socle électoral central du trumpisme — classes moyennes endettées, propriétaires immobiliers, petites entreprises industrielles — est mécaniquement pénalisé par la hausse durable des taux d’intérêt.
Crédit immobilier, refinancement des prêts, cartes de crédit, prêts automobiles : chaque tension obligataire se traduit par une pression immédiate sur le pouvoir d’achat et la stabilité financière de millions d’électeurs.
L’économie politique du trumpisme repose sur une promesse implicite de prospérité accessible. Or, l’environnement monétaire actuel en fait une promesse de plus en plus difficile à tenir.

L’ISOLEMENT GÉOPOLITIQUE PROGRESSIF
Sur le plan international, Trump provoque une recomposition silencieuse mais profonde des alliances. L’Union européenne accélère son autonomie stratégique. Le Canada se repositionne comme pivot diplomatique et financier. Le Japon et la Corée du Sud renforcent leurs partenariats régionaux. Les puissances émergentes diversifient leurs dépendances.
Cette dynamique ne vise pas à affronter frontalement Washington. Elle vise à le contourner.
Dans un monde multipolaire, la perte du statut de partenaire prévisible entraîne mécaniquement une marginalisation relative. Trump ne subit pas un isolement brutal ; il est progressivement relégué dans un système où l’interdépendance se redessine sans lui.

LE PIÈGE DU POUVOIR-SPECTACLE
La gouvernance trumpienne repose sur la confrontation permanente, la provocation médiatique et la domination symbolique. Ce mode opératoire, efficace dans un environnement politique domestique polarisé, devient contre-productif à l’échelle internationale.
Le bruit permanent finit par saturer les canaux diplomatiques. Les partenaires cessent de réagir émotionnellement. L’indifférence stratégique remplace l’indignation. Or, pour Trump, la perte du théâtre politique équivaut à une perte de pouvoir réel.

LE VÉRITABLE RISQUE : DEVENIR LE PRÉSIDENT DU DÉCLIN AMÉRICAIN
Au-delà des tensions immédiates, c’est une angoisse historique qui traverse la présidence Trump : être celui sous lequel l’Amérique cesse d’incarner l’axe central de l’ordre mondial.
Les signaux sont nombreux : dé-dollarisation partielle, montée en puissance de pôles technologiques alternatifs, rééquilibrage militaire européen, repositionnement financier canadien, structuration indo-pacifique accélérée.
Ces mouvements ne sont pas dirigés contre les États-Unis. Ils répondent à une instabilité qu’elle génère.
L’histoire retiendra moins les provocations que le moment précis où la confiance mondiale aura commencé à se déplacer.

UNE FRAGILITÉ SYSTÉMIQUE, NON PERSONNELLE
Trump n’est pas fragile parce qu’il est excessif. Il est fragile parce qu’il incarne une instabilité systémique dans un monde fondé sur la prévisibilité.
Les marchés tolèrent l’idéologie. Ils sanctionnent l’incertitude.
Les alliances acceptent la diversité stratégique. Elles rejettent l’imprévisibilité structurelle.
La véritable limite du trumpisme n’est pas politique. Elle est systémique.
Donald Trump peut humilier des alliés.
Il peut défier les institutions. Il peut polariser son pays.
Mais il ne peut pas intimider les marchés mondiaux.
Il ne peut pas contrôler les dynamiques structurelles de recomposition géopolitique.
Et il ne peut pas enrayer, par la seule volonté, le déplacement lent mais profond du centre de gravité mondial.
Sa plus grande fragilité est là : gouverner un empire au moment précis où le monde apprend à fonctionner sans lui.
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