Drame de Crans-Montana

Comme le disait "Joseph Beuys", l'art c'est la vie.

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Phil Traère
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Drame de Crans-Montana

Message par Phil Traère »

Au delà de la peine suite à ce terrible drame survenu lors de la nuit de la Saint Sylvestre.
Il faudrait savoir qui étaient les conducteurs de travaux pour la rénovation, quels étaient la provenance des matériaux, la liste des entreprises mandatées et surtout, comme à chaque fois, les sous-traitants de sous-traitants. Comment peux-on mettre un faux plafond non inifugé dans un bar/club, la liste des gens ayant donné leur aval pour l'ouverture, les sorties de secours, les systèmes d'incendie qui n'étaient pas fonctionnels ou même adaptés voir carrément inexistants.
Des matériaux inflammables qui émanent des fumées toxiques, dans un sous-sol ?
Comment cet établissement à-il pu ouvrir sans que ces contrôles de base aient été effectués. Crans-Montana à une énorme responsabilité dans ce drame. Et, sous couvert de deuil, on va balayer cela sous le tapis car trop de gens sont impliqués.
La mort de ces gosses n'est pas un accident mais une liste de négligence au mépris de toute logique, par attrait du gain.
Comment des mineurs pouvaient se trouver dans l'établissement ?
Et surtout, va-on arrêter ce délire des chandelles sur des bouteilles dans des lieux clos ? Prendre quelqu'un sur ses épaules avec ce type d'engins pyrotechniques.

Rien ne va dans ce drame, mais les véritables coupables vont vite disparaître .... comme toujours
Que tous ceux qui n'ont pas vérifié, pas contrôlé, fermé les yeux, signé des validations en sachant pertinemment que ... Qui ont économisé sur les matériaux, sur les installations aient au moins le Crans ( Montana ) de poser leurs balls sur la table...
mais il ne faut pas rêver....
pauvres gosses....

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defre
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Re: Drame de Crans-Montana

Message par defre »

L'identité controversée du gérant du bar Le Constellation, Jacques Moretti, attire l’attention. Son lourd passé judiciaire en France refait surface, ajoutant une nouvelle dimension à ce drame.

Jacques Moretti, originaire de Corse, a déjà été condamné en France dans plusieurs affaires lourdes. Proxénétisme dans les années 1990, puis escroquerie, enlèvement et séquestration au début des années 2000 : son casier judiciaire témoigne d’un parcours loin du profil de restaurateur sans histoire.
Le parcours de Jacques Moretti, resté discret jusqu’ici en Suisse, devient un élément central du dossier. Même si, selon la police française citée par Le Parisien, il ne serait plus actif dans les milieux criminels, son historique soulève des questions : gestion des normes, capacité d’accueil, matériaux inflammables…

L’investigation ne se limite plus à la soirée du 31 décembre, mais s’intéresse à la gestion même de l’établissement.
Vieillir c'est quand on dit « Tu » à tout le monde et que tout le monde vous dit « Vous ».
Marcel Pagnol
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PaulParis
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Re: Drame de Crans-Montana

Message par PaulParis »

Comme tout le monde, j’ai été bouleversé par le drame de l’incendie de ce bar le soir du jour de l’an.
Il y a, de façon incontestable, de lourdes responsabilités liées à l’établissement lui-même : problèmes de normes de sécurité, espaces d’évacuation insuffisants, présence de mineurs, etc.
Mais j’ai aussi vu, comme beaucoup, les vidéos tournées par des clients au moment même où le feu se déclarait.
C’est-à-dire que des gens ont filmé alors même que l’incendie était en train de prendre.
Et sur ces vidéos, on entend des gens continuer à chanter, des “wesh wesh”, des “wallah il brûle”, “wallah il brûle”, sur un mode presque amusé. Certains continuaient littéralement à faire la fête.
Évidemment qu’il y aurait eu des morts de toute façon.
Mais je veux pointer ici un fait précis : une partie des gens n’a pas pris la décision qui s’imposait, à savoir fuir, et non pas filmer.
Et là, je le dis clairement : le plus élémentaire instinct de survie semble avoir abandonné toute une partie de notre jeunesse.
Arrêtons aussi avec l’excuse de l’alcool. En cas de danger imminent, beaucoup en ont fait l’expérience : notre corps est capable de faire abstraction de l’ivresse et de se focaliser sur une action vitale.
Et ici ?
Les jeunes filment.

Ils filment leur propre piège en train de se refermer sur eux !

Soyons clairs : je ne me réjouis pas, et ce sont évidemment toutes des victimes.
Mais je dis qu’en plus d’être victimes de l’incendie lui-même — dû à une absence totale d’anticipation (je ne parle même pas de la fille qui a soulevé des bougies incandescentes à hauteur d’un plafond recouvert de mousse… enfin bon…) — ils sont aussi victimes de leurs propres habitudes : écrans, téléphones, réflexes numériques.
Des habitudes qui, progressivement, posent un voile entre ces personnes et la réalité, et qui entraînent une incapacité à réagir correctement lorsque le réel se rappelle à eux de manière aussi brutale et inattendue.
Cela procède, pour moi, de la même logique que ces gamins qui sortent un couteau pour une dispute banale : l’écran entre eux et la réalité les empêche de concevoir la portée réelle de leurs actes.
Un autre exemple.
Il y a des années, je suis dans un bus sur l’autoroute. Le bus commence à faire des écarts. Je regarde le chauffeur : il est en train de s’endormir. Lors d’un écart plus important, je me mets à hurler dans le bus. Le chauffeur reprend conscience.
Beaucoup de voyageurs sont terrorisés — à raison — par ce qui vient de se passer.
Le mec à côté de moi, lui, n’a aucune réaction. Il ne dormait pas, n’était pas sur son téléphone, n’écoutait pas de musique.
Simplement, le risque imminent qu’on venait d’éviter n’était jamais entré dans son champ des possibles.

Les gens sont de plus en plus dans leurs bulles.
Ils ne se regardent plus, ne se saluent plus. Dans le train, c’est frappant : seules les personnes d’un certain âge continuent à dire bonjour à leur voisin.

Hier encore, sur un quai, j’aperçois un individu très louche qui escalade une barrière pour attendre le train sur le quai. Nous sommes plusieurs à l’avoir vu.
Je suis le seul à prévenir les vigiles.
Il est intercepté, contrôlé, et finalement empêché de monter.
Alors n’oublions pas :
L’intelligence sauve.
La curiosité, le regard qu’on pose sur son environnement, transforment notre vie et celle des autres.
À l’inverse, la bêtise tue.
La bêtise, c’est aussi l’incapacité à anticiper l’imprévu.
Ici, ce sont les gérants qui sont en cause — l’appât du gain.
Ailleurs, ce sera l’alcool ou la drogue au volant, les vitesses excessives, l’absence de ceinture de sécurité.
Tout cela relève exactement de la même chose : l’incapacité à anticiper un danger potentiel lié à notre comportement.

Ce phénomène s’observe — pour peu qu’on y soit attentif — à travers une multitude de signaux faibles.
Je prends énormément le train, et je peux témoigner du nombre impressionnant de retards dus à des bagages oubliés.
Je me suis toujours demandé : comment est-ce possible d’oublier un bagage ?
Je voyage régulièrement avec mon fils, parfois sur 10 ou 11 heures de train avec une ou deux correspondances. Dès le départ, je sais que nous avons cinq bagages. Il suffit de compter systématiquement, à chaque déplacement. Résultat : on évite ce genre d’oubli.
Certains disent que c’est être psychorigide ou stressé.
C’est exactement l’inverse !
Prévoir et rationaliser permet d’éviter le stress et de limiter les désagréments — même si, bien sûr, l’erreur reste humaine, et cela pourrait m'arriver aussi.
Autre exemple.
Hier, dans le train, nous étions face à une mère et sa fille, 14 ou 15 ans peut-être. Pendant deux heures de trajet, ni l’une ni l’autre n’a levé les yeux de son téléphone. Pas un mot échangé. Rien.
Au moment de se lever, la gamine avait laissé son écharpe sur le siège. Sans mon intervention, l'écharpe était perdue.
Ce n’est rien, certes.
Mais tout cela est symptomatique de ce crétinisme de masse qui touche tout le monde, et en particulier les jeunes, en grande partie à cause des écrans.

Nous ne mesurons pas encore à quel point l’avènement des écrans et des réseaux sociaux est en train de provoquer un changement de civilisation majeur.

Et n’oublions jamais ceci :
les géants de la tech — Zuckerberg, Steve Jobs, et bien d’autres — interdisent les écrans à leurs propres enfants.
À bon entendeur.

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PaulParis
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Re: Drame de Crans-Montana

Message par PaulParis »

Un coupable a tout prix.On savait. Et pourtant, on a laissé faire.
Il y a des catastrophes.
Et puis il y a celles qui étaient écrites à l’avance.
En 2013, au Brésil, a Santa Maria plus de 240 personnes — 242 exactement — sont mortes et plus de 400 blessés dans l’incendie de la discothèque Kiss Nightclub.
Elles ne sont pas toutes mortes brûlées.
beaucoup d'entre elles sont mortes asphyxiées, en quelques secondes, par des fumées toxiques dégagées par une mousse acoustique inflammable.
Les images ont fait le tour du monde.
Les rapports d’experts ont été publiés.
Les causes ont été identifiées, disséquées, documentées.
Le monde savait.
Et pourtant, des années plus tard, le même type de mousse continuait à être fabriqué, certifié, vendu et installé dans des lieux recevant du public. Des discothèques. Des salles de spectacle. Des endroits où l’on vient pour vivre, pas pour mourir.
Alors posons la question qui dérange :
comment peut-on encore parler d’accident ?
Quand un produit a déjà tué des centaines de personnes, continuer à l’autoriser n’est plus une négligence.
C’est une faute collective.
Dans ce contexte, faire du gérant d’un établissement le responsable principal est une facilité dangereuse.
Le gérant n’est ni industriel, ni chimiste, ni expert en propagation du feu.
Il n’invente pas les matériaux qu’il utilise.
Il ne rédige pas les normes.
Il fait confiance à ce qui est légal, certifié, autorisé par les autorités compétentes.
Le transformer en coupable unique, c’est déplacer la responsabilité de ceux qui savaient vers celui qui croyait.
La vérité est plus inconfortable, mais elle est nécessaire :
la responsabilité est systémique.
Elle incombe aux fabricants qui ont continué à produire ces mousses sans en interdire clairement l’usage en milieu clos.
Elle incombe aux organismes de certification qui ont validé des matériaux dont la dangerosité était connue.
Elle incombe aux autorités qui, après le drame brésilien, n’ont pas pris la décision simple et courageuse d’interdire définitivement ces produits dans les lieux accueillant du public.
Accuser un gérant, c’est donner l’illusion d’une réponse rapide.
Mais c’est aussi se condamner à revivre le même drame ailleurs.
Avec un autre nom.
Dans une autre ville.
Avec les mêmes causes.
Rendre justice aux victimes, ce n’est pas seulement condamner.
C’est empêcher la répétition.
Et empêcher la répétition suppose de regarder plus haut que la porte d’entrée d’une discothèque.
Cela suppose d’admettre cette phrase, simple et terrible :
On savait.
Et on n’a pas agi.
C’est là que commence la vraie responsabilité.
Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais.
Oscar Wilde
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